Litteul Kévin T8 (Coyote) – Le Lombard

Publié le lundi 14 décembre 2009 par Lionel Dekanel. Mis à jour le 14 décembre 2009 à 11h30.

Six ans qu’on attendait la suite des aventures de Litteul Kévin, de ses chers parents, Chacal et Sophie, et du Moto Club au grand complet. Et en six ans il y a eu quelques changements. Le premier c’est que c’est désormais Le Lombard qui publie Litteul Kévin, et non plus Fluide Glacial. Le second, c’est que Coyote a décidé de passer à la couleur. Dans le premier cas, ça ne fait pas de grosse différence pour le lecteur, dans le second, passé le choc initial, là non plus ça ne va pas changer la face du monde. Et puis, pour les aficionados du noir et blanc, il existe une édition limitée de cet album avant passage par la tablette graphique.

Ce huitième album commence pile poil là où se terminait le précédent, c’est à dire pendant les vacances à la montagne de la petite famille, durant la séance de parachute ascensionnel au cours de laquelle Chacal fait preuve d’un courage tout relatif, surtout comparé à sa progéniture. Pendant ce séjour montagnard ils seront rejoints par la mère de Sophie et son nouveau fiancé, Christian, charmant jeune retraité un peu coincé et guindé, et par le Moto Club. Est-il utile de préciser qu’aucune de ces visites n’était prévue dans le planning initial, et que, évidemment, la cohabitation de tout ce petit monde dans un chalet de montagne qui se révèlera vite trop exigu n’ira pas sans quelques situations ambiguës et autres séances désopilantes ? Ma préférée de tout l’album étant celle où « belle-maman » va se retrouver embringuée dans une partie de billard électrique grandeur nature par le gang de motards et leurs petites amies, « mamie » assumant, certes un peu malgré elle, le rôle de la boule de flipper ballottée à travers tout le chalet avec force claques sur les fesses, coups de ventres proéminents et autres déhanchements éjecteurs. Grosse crise de rire assurée, jusqu’au « tilt » final de la brave dame qui se demande probablement encore ce qui lui est arrivé.

C’est également dans cet album que Chacal va retrouver son père biologique. Si vous avez lu les albums précédents vous savez déjà qu’il est un enfant de la DDASS, et que c’est d’ailleurs dans un orphelinat qu’il s’est lié d’amitié avec Hulk, autre pilier du Moto Club. Notons au passage les concours de jets d’olives, de saucisses apéritives, voire de Flanby entiers entre les deux lascars dont on se demande bien s’ils sont vraiment plus matures que Kévin. Bref, Lucas, le papa en question, refait donc surface dans la dernière histoire de l’album, le temps d’apprendre à son Chacal, ou plutôt Gérard pour l’état-civil, de fiston qu’il a été obligé de l’abandonner à la naissance, quand sa mère est morte en couches, et comme papa Lucas était légionnaire à l’époque il ne pouvait assumer l’éducation du bambin (4,8 kilos, quand même). C’est au milieu de ces effusions familiales qu’un coup de théâtre mettant en scène Dany, autre membre éminent du Moto Club, survient… Mais je vous laisse découvrir tout ça par vous-même. Signalons juste qu’il s’agit probablement là du point de départ du prochain album, Coyote ne pouvant décemment pas ne pas continuer sur cette lancée.

Entre temps, on aura pu esquisser quelques autres francs sourires en suivant les pérégrinations de Kévin et de ses jeunes amis à la recherche d’un nouveau mot de passe pour leur petit club de galopins, la vie de couple de Chacal et de Sophie, faite de tensions et de petits riens tous quotidiens, et surtout les activités hautement ludiques du Moto Club, qu’il s’agisse d’un revigorant combat de saucissons au local ou d’assurer le service d’ordre d’une manifestation gay et lesbienne (parfaite occasion, au passage, pour Coyote, d’affirmer une tolérance à l’égard des « minorités » hélas peu souvent de mise dans notre réalité « bien pensante »).

Un album dans la veine du reste de la série, avec quelques franches rigolades fort réussies, avec un soupçon d’émotion, un poil de réflexion, et des situations parfaitement cocasses qui font tout le charme des aventures de Litteul Kévin.

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